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A Mademoiselle

Un hommage au pouvoir des femmes. Enivrantes, orgueilleuses, Alfred de Musset fait-il référence à sa liaison avec George Sand de 1830 à 1833 ? Elle l'avait ensorcelé jusqu'à ce que le pauvre poète tombe (véritablement) malade. La belle le laisse sur place, mourant, mais ne se retournera pas. A-t-il été marqué, ou traumatisé par ce poignard ? Des relations cordiales persisteront mais jamais l'écrivaine ne se laissera séduire par notre jeune homme tourmenté. Nous retenons leurs correspondances, qui ont donné l'ouvrage Sand & Musset, notamment une correspondance amoureuse, cryptée, que seuls les coquins reconnaîtront.




Oui, femmes, quoi qu’on puisse dire, Vous avez le fatal pouvoir De nous jeter par un sourire Dans l’ivresse ou le désespoir.

Oui, deux mots, le silence même, Un regard distrait ou moqueur, Peuvent donner à qui vous aime Un coup de poignard dans le coeur.

Oui, votre orgueil doit être immense, Car, grâce à notre lâcheté, Rien n’égale votre puissance, Sinon votre fragilité.

Mais toute puissance sur terre Meurt quand l’abus en est trop grand, Et qui sait souffrir et se taire S’éloigne de vous en pleurant.

Quel que soit le mal qu’il endure, Son triste rôle est le plus beau. J’aime encor mieux notre torture Que votre métier de bourreau.


- Alfred de Musset, Poésies nouvelles, 1850



 

George Sand


Cher ami,

Je suis toute émue de vous dire que j'ai

bien compris l'autre jour que vous aviez

toujours une envie folle de me faire

danser. Je garde le souvenir de votre

baiser et je voudrais bien que ce soit

une preuve que je puisse être aimée

par vous. Je suis prête à montrer mon

affection toute désintéressée et sans cal-

cul, et si vous voulez me voir ainsi

vous dévoiler, sans artifice, mon âme

toute nue, daignez me faire visite,

nous causerons et en amis franchement

je vous prouverai que je suis la femme

sincère, capable de vous offrir l'affection

la plus profonde, comme la plus étroite

amitié, en un mot : la meilleure épouse

dont vous puissiez rêver. Puisque votre>

âme est libre, pensez que l'abandon ou je

vis est bien long, bien dur et souvent bien>

insupportable. Mon chagrin est trop

gros. Accourrez bien vite et venez me le

faire oublier. À vous je veux me sou-

mettre entièrement.

Votre poupée


Alfred de Musset


Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,

Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?

Vous avez capturé les sentiments d'un coeur

Que pour vous adorer forma le créateur.

Je vous chéris, amour, et ma plume en délire

Couche sur le papier ce que je n'ose dire.

Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,

Vous saurez quel remède apporter à mes maux.


George Sand


Cette indigne faveur que votre esprit réclame

Nuit à mes sentiments et répugne à mon âme



Avez-vous décrypté les messages ? 😏




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