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Tendre loi




Les destins privés exposent une fureur de paraître inégalée.


Tumultueuses discussion ou acquisitions étonnantes, les jeunes éclatent leurs goûts aux mille passants.


L'un voyant en l'espace le nouveau salon d'une maison modulable, l'autre pensait accaparer l'entièreté de la pensée.


Entre omnivores des pires et meilleures espèces, quelques malheureux joyeux et guillerets voudraient ramper à leur place, qui ne leur serait pas promise mais simplement suggérée.

L'appât qui attirerait les mouches et les guêpes loin du bon pot de miel.


Vies bourdonnantes finissant toutes par s'engluer dans un élixir doré, qui n'a de richesse que le goût et sa simple déglutition.


Mouches et guêpes ont la vie dure et quel avis négatif et hautain peut avoir une araignée du débattement de ses proies, désormais sucrées.


La majestueuse mais effroyable n'en pas moins avilie par leur regard implorant. Qu'il est aisé de mépriser le bourdonnement symphonique et risqué de ces êtres candides quand jamais on ne quitte sa toile.


Ô quel air de puissance sur ces fils d'argent, et quelle puissance dans cette poigne menaçante.

Ne serait-il pas simplement envisageable de faire tomber cette reine sur cette terre si inhospitalière ? "Pour la voir s'engluer dans la boue comme nous nous débattons dans l'ambroisie".


Quel tour de magie ! Un essaim de mouches se lève soudainement pour se saisir de cette tâche, dans un tourbillon noirâtre, apeurant ces pauvres omnivores de la pire espèce du haut de leur échasses désarticulées.


Une, deux, trois et bientôt une dizaine de sacrifiées, prises dans un cocon d'argent sur-mesure. L'arachnide était à terre.

Et partout, condamnées et paresseuses se réjouissaient du spectacle qui leur était donné. Voir ramper la puissante solitaire.


Enfin, les piégées pourraient mourir en paix, bien que la perspective de sauver leur propre vie leur avait été présentée.


"Nous pourrions punir la grande ou vous sauver. Sachez simplement que nous attendions tous de la voir tomber", avançait la présidente de cet escadron.


Raisonnablement, ces insectes sont bien dévoués. Donner sa vie pour venger des générations d'envieux et de curieux.

Et puis il est vrai que jamais leur vie n'aurait excédé celle de cette pauvrette à huit pattes. Quitte à mourir, autant emporter la mort d'un puissant avec soi.


L'araignée ainsi détrônée, tâtonnait sur les brins d'herbe, tentait d'éviter la rosée d'un matin qui ne lui était pas clément.


Résignée, elle devenait une martyre. Un sort noble pour sortir d'une condition grotesque.

Un rondin de bois séché ou une roche devrait faire l'affaire pour se réfugier face à ses tortionnaires.



Trop tard, un crétin bipède décidait de mettre fin à sa vie, pour avoir empiété son gazon trop proche de son logis.


Des mouches ou de nous-mêmes, de quel approche nous vantons-nous face au sort de la prédatrice devenue proie factice.


- Spleeneuse, Catherine, octobre 2021

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