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Écrire la mer et les océans pour comprendre les flots

Aujourd’hui, 8 juin 2021, nous célébrons les Océans. Et quel meilleur hommage que celui rendu par nos auteurs, poètes et penseurs ?


Pour ce court billet, et pour honorer les Eaux du monde, intéressons-nous à la manière avec laquelle nos esprits brillants décrivent le mouvement, la richesse de l’inconnu et la conquête de cette nature indomptable. Les Océans ont été, après la conquête des terres, une histoire de lutte entre l’Homme et la Nature.




Jules Verne nous a fait voyagé dans les années 1860 au centre de la terre, autour de monde mais aussi vingt mille lieues sous les mers à bord du Nautilus. Appareil mystérieux et menacé par une bête monstrueuse, l’Océan est obscur et inconnu, mais surtout dangereux. « La mer est tout ! Elle couvre les sept dixièmes du globe terrestre. Son souffle est pur et sain. C’est l’immense désert où l’homme n’est jamais seul, car il sent frémir la vie à ses côtés. La mer n’est que le véhicule d’une surnaturelle et prodigieuse existence ; elle n’est que mouvement et amour ; c’est l’infini vivant, comme l’a dit un de vos poètes. » assénait le capitaine Némo au professeur Aronnax.


L’ignorance scientifique ou insatisfaction des curieux, elle est proche mais pourtant réservée sur les secrets qu’elle renferme. « Les grandes profondeurs de l’Océan nous sont totalement inconnues. La sonde n’a su les atteindre. Que se passe-t-il dans ces abîmes reculés ? Quels êtres habitent et peuvent habiter à douze ou quinze milles au-dessous de la surface des eaux ? Quel est l’organisme de ces animaux ? On saurait à peine le conjecturer »


Sanctuaire de bêtes étonnantes et gigantesques, présentes dans les mythes écossais avec Nessie ou dans les grands classiques avec Moby Dick, l’Océan a longtemps été la découverte que nous comparerions aujourd’hui à la conquête du ciel et de l’Espace. Une maîtrise de l’Homme sur son environnement.


Rappelons-nous de l’imaginaire poétique autour de l’eau. Quand le feu représente une passion ardente, ou la destruction totale et douloureuse, l’eau et ses courants est l’allégorie de la vie tumultueuse. D’une autre forme de passion mélancolique qui submerge plus qu’elle n’immole. Un torrent de larmes qui irait rafraîchir le feu ardent d’un coeur courroucé. Les rivières et les fleuves sont des serpents bruyants venant apporter espoir aux jeunes assoiffés. Ils sont l’essence du monde, que nos ancêtres ont vu et dans lesquels ils ont étanché leur soif. Ce sont ces mille courants qui ont pu refléter des millions d’années de nuits, de jours, de sécheresse et d’orages et qui ont tendu leur mains à des milliards d’êtres vivants.


Oui, le chêne centenaire incarne la sagesse de la vieillesse, l’expérience et la fleur de l’âge. Les Océans, plus vieux que nos arbres, représentent le Tout. Le tumulte, la sagesse de la mer apaisée, la colère des vagues, la fatalité de l’écume et l’espoir de la vie.


 

« Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu’il m’en souvienne

La joie venait toujours après la peine »


écrivait Apollinaire en 1913. Belle image du temps, qui s’écoule dans le lit de la Seine. Des amours à la dérive et du naufrage d’un amoureux. Nous restons à son rivage, assommés par notre sort, mais elle, imperturbable, continue son cours, sans jamais croiser notre destin et éternellement indifférente.



L’Océan, les mers, les fleuves, les rivières sont à la fois la vie, mais sont également le temps. Ils sont la joie et le désastre.


Le Roi Midas et sa mésaventure sont nos porte-paroles et portent l’étendard abîmé d’une humanité avide. Une bonne action lui a valu la reconnaissance de Dionysos, dieu du vin, de la vigne, de la démesure et de l’excès, lui offrant un voeu. Il n’est qu’un Homme, et demandera de transformer son monde en or de son simple toucher. Après avoir transformé sa chère fille en lingot, aucun écu ne pouvait apaiser sa peine. Assoiffé, affamé et esseulé, il ira se baigner dans le Pactole, en suivant les conseils du dieu. La rivière le lavera de ce voeu et de ce sort, retirant au Roi la priorité de l’or.


 

Nos Océans sont aujourd’hui ensevelis sous le notre, mais dans quel Pactole les baigner ? Comment racheter l’erreur de l’enfant qui blesse sa mère ? Comment réparer le berceau et la branche, dans lesquels le nourrisson et les oisillons dorment ?

Bonne journée mondiale des Océans, remerciez-les ces vacances en nettoyant leurs abords. Pensons aux générations futures qui s’y abreuveront et des enfants qui y verront le miroir de nos actions.


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